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Actualités du jeûne 12/25 : Ce que nous enseignent les dernières avancées scientifiques


Alessio Aliotta - 11/12/2025 - 0 comments

DES DONNÉES À LA PRATIQUE : VOTRE COMPAS DU JEÛNE – DÉCEMBRE 2025

Ce mois-ci dans la recherche sur le jeûne : nos principales conclusions

La recherche sur le jeûne évolue de manière dynamique. De nouvelles études élargissent non seulement notre compréhension de son potentiel, mais offrent également un éclairage sur des mécanismes fondamentaux du métabolisme humain. Les travaux les plus récents, issus de la recherche préclinique et clinique, mettent en avant trois thèmes qui semblent particulièrement déterminants pour l’avenir.

1) L’importance du timing et des rythmes : enseignements de la recherche préclinique

Les études menées sur des rongeurs permettent de modéliser les effets à long terme d’interventions nutritionnelles et de stratégies de jeûne – des évolutions qui sont difficiles à observer chez l’être humain. Correctement interprétés, ces modèles fournissent des indications précieuses pour orienter les études chez l’humain.

Plusieurs résultats récents soulignent l’importance de la durée et de la régularité :

  • Une réduction calorique prolongée a protégé la réserve ovarienne chez les souris femelles et amélioré la sensibilité à l’insuline, de façon nettement plus marquée que de courtes phases de restriction. Toutefois, ces effets bénéfiques ne persistaient que si la réduction était maintenue de manière continue.
  • Dans une autre étude, une alimentation limitée dans le temps a stabilisé, chez des rats obèses, le rythme immunitaire cérébral perturbé – même si des troubles métaboliques plus profonds persistaient.
  • Une troisième étude longitudinale a montré que, lors d’une restriction calorique durable, l’organisme privilégie l’apport aux organes vitaux, soutient la santé osseuse et économise l’énergie dans des fonctions moins centrales.

Ces résultats suggèrent que l’organisme répond particulièrement bien à des signaux de jeûne cohérents et rythmés, offrant ainsi des pistes importantes pour de futures recherches sur le vieillissement en bonne santé et la fertilité.

2) Différences individuelles : pourquoi le jeûne personnalisé devient de plus en plus important

Le jeûne a des effets positifs chez de nombreux êtres humains, mais chacun ne réagit pas de la même manière. Les études récentes soulignent que le contexte individuel détermine largement les effets observés :

  • Des êtres humains présentant une insuffisance surrénalienne primaire ont, pendant le jeûne du Ramadan, fréquemment souffert d’hypoglycémie et d’une fatigue marquée malgré un suivi médical – un signe clair que certaines pathologies tolèrent moins bien de longues périodes sans apport alimentaire.
  • Des femmes ménopausées souffrant d’hypertension et d’obésité ont bénéficié, dans le cadre d’une alimentation cétogène très pauvre en calories, d’améliorations nettes de la structure cardiaque et de la santé cellulaire – un groupe jusqu’ici peu représenté dans la recherche.
  • De nouvelles connaissances sur l’individualité métabolique aident aussi à comprendre pourquoi les résultats varient autant. Certaines personnes perdent nettement plus de poids que d’autres, même en suivant la même alimentation hypocalorique.
  • Leur organisme semble plus flexible et mieux capable de s’adapter. De même, une étude sur la rémission du diabète de type 2 a montré que de légères différences de marqueurs ADN pouvaient déjà prédire qui répondrait à une intervention très pauvre en calories.
  • Un marqueur simple de santé cellulaire, appelé angle de phase, a également contribué, dans une autre étude, à prédire le succès du traitement.

L’avenir du jeûne sera personnalisé – fondé sur des biomarqueurs individuels et ajusté à la situation de santé de chacun.

3) Le corps comme système interconnecté : le jeûne n’agit jamais de manière isolée

La recherche moderne considère de plus en plus le corps comme un réseau finement régulé. Les résultats les plus récents montrent à quel point les processus biologiques sont étroitement interconnectés :

  • Les personnes qui restent physiquement actives pendant la restriction calorique parviennent mieux à préserver leur force musculaire et leur santé métabolique – un effet qui correspond à nos propres observations cliniques.
    En oncologie, il a été montré que les cellules tumorales coopèrent en situation de manque de nutriments en échangeant entre elles des éléments constitutifs des protéines. Une simple réduction des calories ne suffit donc pas à « affamer » sélectivement les tumeurs.
  • La recherche sur le microbiome progresse également : au lieu de se concentrer sur des bactéries isolées, elle met l’accent sur des groupes fonctionnels qui agissent ensemble, favorisent une glycémie plus stable et soutiennent des rythmes circadiens sains.
  • Le sang de jeunes rats soumis à un jeûne intermittent a réduit l’inflammation chez des animaux plus âgés et amélioré la structure intestinale – un indice que le jeûne génère des signaux systémiques capables d’atteindre de nombreux tissus.
  • Le constat central est le suivant : le jeûne agit via des réseaux biologiques, et non par des mécanismes isolés. Une approche systémique ouvre la voie à des possibilités thérapeutiques nouvelles et améliorées.

Perspectives : sur quoi travaille actuellement notre équipe de recherche

Notre objectif est de présenter les connaissances scientifiques de manière à soutenir une mise en pratique du jeûne à la fois sûre, efficace et compréhensible. Actuellement, nous menons dans notre clinique de Marbella une étude sur l’activité physique pendant le jeûne, en nous appuyant sur des données antérieures montrant à quel point le mouvement est déterminant pour préserver la santé musculaire. Grâce à des examens DEXA, nous mesurons les variations de la composition corporelle avec une précision nettement supérieure et pouvons ainsi adapter plus finement nos futurs programmes, de façon encore plus individualisée. Comme toujours, nous suivons de près la recherche internationale afin de contribuer à une compréhension rigoureuse et fondée sur les preuves du jeûne et de la santé métabolique.

Ce que vous pouvez en retenir pour vous

Notre mission scientifique consiste à traduire de nouvelles connaissances en recommandations pratiques, afin de soutenir un jeûne sûr et efficace. Actuellement, nous menons à Marbella une étude sur l’activité physique pendant le jeûne, en nous appuyant sur des résultats antérieurs montrant que le mouvement contribue à préserver la santé musculaire. La clinique utilise également des examens DEXA pour obtenir une image plus précise des changements de la composition corporelle. Sur cette base, nous pouvons continuer à améliorer nos programmes. Comme toujours, nous suivrons attentivement les nouvelles publications scientifiques, avec pour objectif de contribuer à une compréhension plus précise et fondée sur les preuves du jeûne et de la santé métabolique.

Le Dr Robin Mesnage est directeur scientifique des cliniques Buchinger Wilhelmi. Il documente, à travers des études, les effets du jeûne, tout en intégrant des outils diagnostiques modernes à la prise en charge thérapeutique. En tant que Research Fellow au King’s College London, il étudie le rôle du microbiome intestinal dans les bénéfices d’une alimentation à base de végétaux. Il conseille des autorités publiques, notamment le gouvernement français et, à l’occasion, le Parlement européen, sur la réglementation des polluants chimiques, et il est un conférencier recherché. Avec plus de 100 publications et plus de 8 000 citations, il figure parmi les 1 % de chercheurs les plus cités au monde dans le domaine environnement et santé.