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Comment le jeûne influence-t-il l’axe intestin-cerveau ?


s.steiner - 21/01/2026 - 0 comments

LE JEÛNE ET L’AXE INTESTIN-CERVEAU

Nouvelles perspectives issues du premier congrès sur la psycho-neuro-immunologie

Récemment, notre directeur scientifique, le Dr Robin Mesnage, a pris la parole lors du premier congrès international de la Scientific Society of Psychoneuroimmunology à Grenade le 14 novembre 2025, un événement qui a réuni des chercheurs travaillant dans les domaines des neurosciences, de l’immunité et du métabolisme. Les membres du congrès ont mis en évidence l’étroite communication entre nos différents systèmes biologiques et la manière dont certaines approches telles que le jeûne structuré peuvent influencer positivement ces connexions, comme le prouvent les dernières conclusions scientifiques.

Le jeûne est depuis longtemps reconnu comme l’une des approches favorisant la longévité les plus fiables observées chez toutes les espèces. Que ce soit chez des organismes très simples ou des mammifères, la réduction structurée et rythmée de l’apport nutritionnel peut prolonger la durée de vie, améliorer la flexibilité métabolique et déclencher des processus approfondis de réparation cellulaire. Ces changements commencent souvent dans l’intestin, l’un des systèmes métaboliques et immunitaires les plus actifs de l’organisme, puis s’étendent aux réseaux immunitaire et nerveux. Cette perspective globale aide à expliquer comment la nutrition affecte l’axe intestin-cerveau et influence la communication globale de tout l’organisme.

L’intestin, un système métabolique et immunitaire

L’intestin, qui abrite à la fois un vaste écosystème microbien, un tissu immunitaire dense et le système nerveux entérique, est parfois décrit comme notre deuxième cerveau. Lorsque l’apport alimentaire change pendant le jeûne, cet environnement se modifie rapidement. Les communautés microbiennes commencent à se réorganiser, la digestion ralentit et la muqueuse intestinale entame des processus de réparation naturels. Ces changements affectent également le système immunitaire. Environ 70 % des cellules immunitaires de l’organisme se trouvent à l’intérieur ou autour de l’intestin, où elles surveillent en permanence l’environnement microbien et alimentaire.

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Lorsque cet environnement change pendant le jeûne, l’activité immunitaire s’adapte également, contribuant à réguler l’inflammation dans tout l’organisme. Pendant le jeûne, l’activité immunitaire commence à se recalibrer. Des études menées sur des animaux et des humains montrent une réduction des marqueurs inflammatoires chez les personnes qui présentaient au départ une inflammation plus importante et une évolution vers un meilleur équilibre métabolique chez les personnes souffrant d’une activation immunitaire chronique. Ces réponses adaptatives sont au cœur du domaine de la psycho-neuro-immunologie, qui explore l’influence du système immunitaire sur le fonctionnement du cerveau et le comportement.

Le jeûne et l’axe intestin-cerveau

L’axe intestin-cerveau est le système de communication bidirectionnel entre l’intestin et le cerveau, qui fonctionne grâce aux voies nerveuses, aux signaux immunitaires et aux substances chimiques produites par les microbes intestinaux. Lorsque le jeûne modifie l’activité intestinale, cette communication évolue également. Certains microbes qui se développent bien pendant le jeûne produisent des acides gras à courte chaîne utiles ainsi que d’autres éléments qui peuvent interagir avec le cerveau. Dans le même temps, une activité immunitaire plus calme dans l’intestin entraîne une diminution des signaux inflammatoires qui ont un effet sur l’humeur, la réflexion et le niveau de stress. Loin de se limiter à l’action sur une seule partie du corps, le jeûne semble créer une réinitialisation coordonnée de plusieurs systèmes connectés.

Cerveau et microbiote buccal : un lien négligé

Le microbiote buccal, c’est-à-dire la communauté de micro-organismes présents dans la bouche, joue un rôle clé dans la santé cardiovasculaire et mentale, et pourtant son importance est souvent négligée.

Des recherches récentes montrent que certaines bactéries buccales productrices de soufre peuvent influencer l’inflammation et que le jeûne modifie l’équilibre de ces microbes salivaires. Cela suggère que le jeûne pourrait remodeler l’environnement microbien de la bouche de manière à favoriser des changements métaboliques et immunitaires plus importants, complétant ainsi ses effets sur l’intestin. Ces changements pourraient avoir des effets en aval sur l’inflammation de l’ensemble du corps et sur les processus liés à la santé du cerveau.

Le tractus gastro-intestinal, dont fait partie la bouche, forme une voie continue qui communique en permanence avec le système immunitaire et le cerveau. En considérant l’ensemble, on comprend mieux comment le jeûne peut influencer la santé de ces différents systèmes connectés.

Relier les différents éléments

L’émergence de la psycho-neuro-immunologie met en avant le fonctionnement du corps comme un circuit connecté plutôt que comme un ensemble de parties distinctes. Lorsque le métabolisme, le système immunitaire et les fonctions cérébrales sont considérés ensemble, des schémas qui, étudiés séparément, pouvaient sembler complexes, deviennent plus faciles à comprendre.

Le congrès de Grenade a présenté ce domaine qui recouvre plusieurs disciplines en explorant comment les facteurs liés au mode de vie, notamment l’alimentation, influencent la communication entre l’intestin, le système immunitaire et le cerveau.

Dans ce contexte, le jeûne apparaît comme un exemple particulièrement frappant. Il montre comment un changement alimentaire peut influencer plusieurs systèmes à la fois, qu’ils s’agisse de modifications des communautés microbiennes, de stabilisation des signaux immunitaires ou de changements au sein des voies neuronales. Ensemble, ces réponses coordonnées suggèrent que le jeûne peut contribuer à favoriser une communication saine entre les principaux réseaux régulateurs de l’organisme.